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Bruit, lumière, vis-à-vis : les juger en 20 minutes

Victor · Mis à jour le
Vue et vis-à-vis depuis la fenêtre d'un appartement visité

Trois critères décident du confort d’un logement et n’apparaissent sur aucune annonce : le bruit, la lumière et le vis-à-vis. Ils ne se corrigent presque pas après l’achat. La bonne nouvelle, c’est qu’ils se jugent en vingt minutes, à condition de suivre une méthode.

Vingt minutes, dans cet ordre

  1. Deux minutes dans la rue, avant de sonner : circulation, commerces du rez-de-chaussée, ce qui fait face à l’immeuble.
  2. Trois minutes dans les parties communes : bruits de l’ascenseur, de la porte d’entrée, des voisins sur le palier.
  3. Dix minutes à l’intérieur, pièce par pièce : écouter, relever l’orientation, regarder par chaque fenêtre.
  4. Cinq minutes pour le reste : la cour, l’étage du dessus si l’escalier y mène, une seconde écoute dans la chambre.

Notez l’heure et le jour : une observation sans contexte ne vaut rien. Un mardi à 11 h, une rue de bars est silencieuse et une cour d’école ne l’est pas.

Le bruit : écouter avant de regarder

Dans chaque pièce, fermez les fenêtres, taisez-vous une minute, puis ouvrez. Le silence fait apparaître ce que la conversation avec l’agent couvrait.

« Je me tais une minute dans chaque pièce. C’est long, une minute, et c’est pour cela qu’on entend tout. »

Victor, visiteur ImmoVu

Quatre familles de bruit se distinguent, et ne se traitent pas de la même façon :

  • Les bruits extérieurs : circulation, deux-roues, bus, terrasses, livraisons, voie ferrée. De bons vitrages les atténuent fortement.
  • Les bruits aériens de l’immeuble : voix, télévision, musique à travers les murs et les planchers. Ils révèlent des cloisons légères.
  • Les bruits d’impact : pas, chaises, objets qui tombent à l’étage du dessus. Ce sont les plus difficiles à corriger, car la solution se trouve chez le voisin.
  • Les bruits d’équipements : ascenseur, ventilation, chaudière, pompe, porte de garage. Repérez ce qui touche les murs de la chambre.

Une application de sonomètre donne un ordre de grandeur, pas une mesure officielle. Fenêtres fermées, une chambre calme se situe autour de 30 décibels ; à 40 et au-delà, le bruit de fond devient difficile à oublier. Relevez surtout l’écart entre fenêtres ouvertes et fermées : il indique ce que valent les vitrages.

Près d’un aéroport, le vendeur ou le bailleur doit remettre un état des nuisances sonores aériennes lorsque le logement se trouve dans une zone d’exposition au bruit. Les grandes agglomérations publient aussi des cartes de bruit, consultables en ligne.

La lumière : mesurer plutôt que croire

L’œil s’adapte en quelques secondes et trouve lumineux à peu près n’importe quoi. Fiez-vous à des relevés.

  • L’orientation de chaque fenêtre, à la boussole du téléphone. Sud et ouest pour le soleil de l’après-midi, est pour celui du matin, nord pour une lumière constante sans soleil direct.
  • L’étage et ce qui fait face : hauteur et distance du bâtiment d’en face. En décembre, à Paris, le soleil de midi ne monte qu’à 18 degrés au-dessus de l’horizon : un immeuble de six étages situé à quinze mètres suffit à mettre un deuxième étage à l’ombre.
  • La profondeur des pièces : placez-vous au fond du séjour, dos au mur, et photographiez vers la fenêtre, sans flash et lumières éteintes.
  • La taille des ouvertures : une fenêtre haute éclaire plus loin qu’une fenêtre large. Notez aussi les garde-corps pleins, les stores fixes et les arbres.

Si la visite a lieu par temps couvert ou à la tombée du jour, dites-le dans le compte rendu : une conclusion sur la lumière mentionne toujours l’heure et la météo.

Pas le temps d’y aller ?Un connaisseur local visite le bien pour vous : vidéo, photos et réponses de l’agent. Rapport complet sous 48 h ouvrées.
Faire visiter ce bien

Le vis-à-vis : s’asseoir là où l’on vit

Debout contre la fenêtre, tout logement a un vis-à-vis. La question est de savoir ce que l’on voit, et qui vous voit, depuis les endroits où vous passerez du temps : le canapé, la table, le lit, le plan de travail.

Pour chaque pièce, relevez la distance du bâtiment d’en face, le nombre de fenêtres qui donnent directement chez vous et leur hauteur par rapport à votre étage. Des fenêtres situées plus haut plongent dans le logement ; des fenêtres plus basses gênent beaucoup moins. Un balcon ou une terrasse en face compte double en été.

Pensez à la nuit : lumières allumées, un séjour sans rideaux se voit de loin. Et regardez ce qui pourrait changer : un terrain vide, un parking ou un bâtiment bas en face peuvent être remplacés par un immeuble si le plan local d’urbanisme l’autorise.

Ce qu’il faut rapporter d’une visite

Que vous visitiez vous-même ou que quelqu’un le fasse pour vous, le compte rendu doit permettre de trancher sans se fier à un souvenir :

  • une vidéo d’une minute par pièce, fenêtre fermée puis ouverte, avec le son ;
  • une photo de chaque fenêtre, de face, puis de ce que l’on voit en s’asseyant ;
  • une capture de la boussole pour chaque façade ;
  • l’heure, le jour et la météo ;
  • les réponses de l’agent sur les voisins, les commerces et les projets alentour.

Gênant ou rédhibitoire ?

Certains défauts se corrigent. Des fenêtres anciennes se remplacent, avec l’accord de la copropriété sur leur aspect. Un vis-à-vis lointain se règle avec des voilages. Une pièce sombre gagne beaucoup avec des murs clairs et un bon éclairage.

D’autres ne se corrigent pas : l’orientation, l’étage, la voie ferrée, le bar du rez-de-chaussée, le plancher qui transmet les pas du voisin. Ceux-là doivent se retrouver dans le prix, ou vous faire renoncer. Pour la suite de la visite, voici les douze points à faire vérifier avant une offre.

Victor

Visiteur ImmoVu à Paris. Il visite les biens pour le compte de nos clients et partage ici ce qu’il regarde en priorité.

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